Trois (au moins) petits cochons qui s’en dédisent !
Cochon qui s’en dédit ! Remontons aux origines de cette locution qui daterait du Moyen-Âge, une époque à laquelle le cochon était considéré, par nature, comme un animal sale et répugnant, puisque vivant dans la crasse. Du coup, était qualifié de cochon celui qui ne respectait pas ses engagements ou la parole donnée, tant il était jugé alors peu honorable, ne valant pas mieux que l’animal auquel il était comparé. Cette expression serait donc née au XIII éme siècle. Depuis, bien de l’eau ont coulé sous les ponts de France, de Navarre et même du Lot. Pourtant, cet idiotisme garde encore aujourd’hui tout son sens.
Et au moins jusqu’à ce 23 janvier 2026 , date du vote, à l’Assemblée Nationale, en faveur ou non, de deux motions de censure, sur le volet recettes du projet de loi de Finances, l’une déposée par les groupes de gauche, hors PS, l’autre par le Rassemblement National, en réponse au 49-3 déclenché par Sébastien Lecornu, ci-devant Premier Ministre. Pour trouver un nouvel exemple de ce qui pourrait s’apparenter au mammifère domestique omnivore de la famille des Suidae, dont la formule choisie pour le titre de cet article fait état, remontons, encore une fois, le fil du temps, mais sans aller bien loin, simplement jusqu’au 14 janvier 2026. Aurélien Pradié, député de la première circonscription du Lot, annonçait fièrement dans les colonnes d’Actu Lot qu’il voterait ces deux motions de censure.
Et bravache, Il en avait même informé le Premier Ministre, estimant que celui-ci « était le premier responsable de ce choix ». Et de fustiger la méthode du gouvernement, reposant à ses yeux , moins sur la conviction que sur la pression, moins sur le respect des institutions que sur la menace. Et en décidant de voter la censure, ce qu’il choisissait de faire « ni par calcul, ni par réflexe partisan », il en espérait un sursaut, un refus de l’accoutumance au pire. « Et l’affirmation qu’un député de la Nation vaut toujours plus que la peur de perdre son siège ».
Bref, l’ancien maire de Labastide-Murat envoyait du lourd.
Sauf qu’après un bref détour sur le site de l’Assemblée Nationale qui analyse les scrutins N° 5154 et 5155, et fournit le nom et l’appartenance à un groupe politique des votants, sur les deux motions de censure suscitées, nulle trace d’Aurélien Pradié.
Et concernant les deux autres motions de censure soumises au vote déposées par les mêmes oppositions que précédemment, le 27 janvier, cette fois-ci sur le volet dépenses du projet de loi de Finances (scrutin N° 5193 et 5194), là encore, le nom d’Aurélien Pradié n’apparait pas. Donc ce dernier, en dépit de ses déclarations fracassantes, n’a pas participé aux votes.
Bon, à cochon, cochon et demi : peut-être était-il malade, avait-il un empêchement si grave qu’il n’a pu se rendre aux urnes ou alors, s’est-il rendu compte qu’un tel vote pouvait l’entraîner dans des vents contraires au sens qu’indiquent les girouettes ?
L’histoire le dira peut-être mais force est de constater que sur ce coup-là, le cochon s’est dédit.
Il lui reste encore une chance de respecter la parole qu’il a donnée puisqu’une ou deux nouvelles motions de censure ne manqueront pas d’être déposées le 2 ou le 3 février, en prévision du vote final sur le projet de loi de Finances, après son passage au Sénat.
« Non sans une certaine forme de regrets et un peu d’amertume »
Aurélien Pradié n’est pas, en politique, le premier et ne sera bien évidemment pas le dernier à trahir la parole donnée. Mais Il se retrouve, pour l’instant, en bonne compagnie. Et notamment en celle de notre Premier Ministre qui avait, promis, la main sur le cœur, qu’il renonçait à utiliser le 49-3, « le gouvernement ne pouvant passer en force ». Et de rappeler que ce fameux article de la Constitution permet au gouvernement d’interrompre les débats et d’écrire lui-même sa copie. « Ce ne sera pas le cas lors de ce débat budgétaire », promettait Sébastien Lecornu. C’était le 3 octobre 2025. Et le 19 janvier 2026, le même annonçait recourir au 49-3. Oui, mais « non sans une certaine forme de regrets et d’un peu d’amertume ». Et puis, on aurait pu dire qu’il était têtu s’il avait dû ainsi tenir sa parole et « je ne veux surtout pas avoir l’égo mal placé et être source de désordre ».
On aurait bien voulu compatir mais force est de constater, encore une fois, que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent et que ce cochon-là, et non des moindres, puisqu’il est Premier ministre, s’est lui aussi dédit .
Il fallait retenir le PS, sinon il allait faire un malheur (sic !)
Il ne s’agit pas ici de revisiter l’histoire enfantine des Trois petits cochons et pourtant, il y a un troisième de ces ongulés qui vient, en famille, avec force mensonges enrobés de ce qu’il pense être une forme de panache, affirmer qu’il « cherche à avancer sans être dans la posture » et en faisant partie « de ceux qui proposent des solutions » : le PS. Et il fallait le retenir sinon il allait faire un malheur ! C’est-à-dire voter la censure du gouvernement Lecornu. Si la réforme des retraites n’était pas abrogée, il censurerait , si la taxe Zucman n’était pas inscrite au budget, il censurerait, s’il y avait usage du 49-3, il censurerait. On n’avait qu’à bien se tenir. On s’est bien tenu et on a vu. Ils ont donné leur accord de non censure à la macronie et à son gouvernement minoritaire et rejoint celle-ci de fait. Les députés PS, en empêchant la chute de Lecornu et de son gouvernement, ont renié toutes les promesses faites à leurs électeurs oubliant que sans leur ralliement au sein du NFP, ils n’auraient jamais été élus. A commencer par Christophe Proença, député de la deuxième circonscription du Lot. Il y a eu des avancées, on va dans le bon sens », dit le PS. Ah ! Bon. Parole de cochon, encore une fois.
Dommage, nous, on aurait bien voulu être copains comme cochons, au sein du NFP.
Mais en ce qui nous concerne, nous le disons haut et fort, et comptez sur nous, nous ne nous dédirons pas : plus jamais le PS !
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