De Ezzideen 16/08/2025
« Pendant des jours, je ne peux plus respirer. Ma poitrine brûle, ma gorge se serre. Nous errons comme des fous, dérangés, attendant le coup, l’ordre qui nous arrachera à nouveau. Nous avons connu la guerre, oui, deux années interminables, nous rongeant comme des rats rongent les os d’un cadavre, mais celle-ci… c’est pire, infiniment pire. Ils nous disent de partir. Encore. Pour la cinquième fois. Entends-tu ? La cinquième ! Et cette fois, ô Dieu, cette fois, nous savons que c’est la dernière. La dernière. Nous ne reviendrons pas. Jamais. Ni demain, ni dans dix ans, ni même dans les souvenirs s’estompant de nos enfants. La porte que je ferme maintenant derrière moi ne s’ouvrira plus jamais à ma main. Ce bruit, bois contre bois, n’est pas une porte qui se ferme. C’est mon âme qu’on cloue dans son cercueil. Je suis vivant, et pourtant je suis déjà enterré. Et qu’est-ce que cet exil ? Ce n’est pas un voyage, non ! C’est l’arrachage du dernier fil tremblant de l’âme humaine. Ils ne veulent ni hommes, ni femmes, ni enfants. Ils veulent des ombres. Des ombres rampantes sur la poussière, sans visage, sans nom, sans mémoire. Un peuple de tentes ! Oui, des tentes ! Une nation dont le destin est fait de toile et de corde, dont la plus haute ambition est un chiffon flottant au vent. Seigneur, n’est-ce pas une mort plus impitoyable que la tombe ? Laisser un homme respirer, mais le dépouiller de tout ce qui fait de lui un homme, le condamner à marcher comme un fantôme incapable même de mourir. La ville, notre ville, aimée, trahie, sera effacée, rasée, réduite en poussière. Ses pierres dispersées comme des cendres au vent. Les maisons où les enfants se disputaient, où les mères chantaient, où le pain sortait chaud du four, tout cela disparut, disparut à jamais. Et alors, ô Dieu miséricordieux, nous oublierons. Oui, nous oublierons ! Dans le tourment de la soif, cherchant une goutte d’eau, nous oublierons nos rues, nos murs, nos clés, nos portes. Nous oublierons la chaleur de l’hiver, la brûlure des nuits d’été. Nous oublierons les voisins, les querelles, les mariages, les chansons. Nous oublierons même que nous étions humains. Dis-moi, Seigneur, comment l’homme peut-il s’oublier lui-même ? Comment la mémoire peut-elle être arrachée de l’âme comme la chair des os ? Souviens-toi de nous ! Souviens-toi de nous avant que la rupture ne soit complète. Souviens-toi des yeux des enfants avant que leur lumière ne s’éteigne. Souviens-toi des larmes des mères, les mêmes que celles de tes mères. Souviens-toi que nous avons crié, que nous ne nous sommes pas tus, que nous avons essayé avec nos dernières forces. Et regardez, regardez avec horreur, l’abîme de l’histoire : comment ceux qui pleuraient autrefois dans les ghettos, qui titubaient dans les camps, qui suffoquaient dans les fours, voient maintenant leurs dirigeants préparer notre exil. Auschwitz, entendez-vous son écho ? Il n’est pas terminé. Il revient, il mute, il réapparaît sous de nouveaux masques. Et maintenant, la victime porte le visage du bourreau. C’est le plus infernal des blasphèmes : que ceux qui ont été marqués par l’Holocauste voient maintenant leurs dirigeants façonner un Holocauste à nouveau. Écrivez nos noms, je vous en supplie, je vous implore, sur vos murs, dans vos livres, dans vos prières. Gravez-les dans la pierre, avant qu’ils ne disparaissent en poussière. Car demain, même vous douterez que nous ayons jamais marché sur terre. Et quand vos enfants vous demanderont : ont-ils jamais été un peuple ? Ont-ils respiré ? Ont-ils aimé ? Étaient-ils humains ? Que répondrez-vous alors, lorsque votre propre mémoire vous trahira ? Et Gaza, ma Gaza, s’achève. Oui, elle s’achève. C’est le cinquième exil, et le dernier. Le dernier ! Une fin plus noire que les pages les plus sombres de l’histoire, plus sombre que les prophéties les plus sombres jamais imaginées. Et pourtant, alors même que j’écris, à travers des larmes qui m’aveuglent, quelque chose demeure. Un silence. Un silence plus lourd que la pierre, plus lourd que les tombeaux, plus lourd même que le regard de Dieu. Un silence qui dévore le cri lui-même, qui rugit plus fort que tous les cris réunis. Ce silence ne mourra pas. Il vous hantera. Il hantera le monde. Il hantera Dieu lui-même. #GazaGenocide
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gouvernement sioniste israélien + USA + pays qui sucent les amerloques = nazis