Dr Ezzideen 25/08/2025

Il y a des nuits dans l’histoire de l’humanité où les étoiles elles-mêmes semblent reculer, où le firmament ferme les yeux, refusant de voir ce que l’homme fait à l’homme. Gaza est une de ces nuits. L’assaut a commencé. N’appelez pas cela une bataille, car il n’y a pas de bataille ici. Il n’y a pas de combat d’égal à égal. Ce qui se déroule à Gaza est un enterrement mené par des machines, une démolition de pierre et de chair, l’effacement délibéré d’une ville dont le crime est d’exister. Ils parlent au monde de « zones sûres », d’« infrastructures », de tentes dispersées à travers les océans. Ils évoquent l’illusion de l’humanité avec des phrases bureaucratiques. Mais ce ne sont pas des abris ; ce sont des spectres. Ce ne sont pas des promesses ; ce sont des mensonges embaumés de sceaux officiels. Gaza a déjà goûté à leur poison. Chassé de Rafah, son peuple n’a trouvé que le scorpion et le serpent, le désert et le soleil ardent qui l’attendait. Des enfants se sont évanouis sur le sable tandis que le monde comptait des tentes qui n’ont jamais existé. Et maintenant l’ordre revient : partez à nouveau ! Abandonnez vos maisons, vos puits, vos berceaux, vos tombeaux. Partez dans le vide ! Mais ce n’est pas un Exode, car il n’y a pas de Moïse. La mer ne se divise pas ; elle dévore. Aucune colonne de feu n’illumine le ciel, seul un feu d’en haut consume. Dieu est silencieux, et l’homme s’est rendu sourd au rugissement de l’artillerie. Regardez dans les rues. Là, les condamnés marchent, mais ils ne portent pas de chaînes. Ce sont des ombres détachées de leurs corps. Ils ne se saluent plus ; ils ont oublié les règles de la fraternité humaine. Ils errent comme s’ils portaient des cercueils invisibles, et de leurs lèvres coulent des questions comme le sel d’une blessure : Où irons-nous ? Comment allons-nous endurer ? Que reste-t-il de nous ? Et pourtant la rançon est exigée : mille pièces pour une voiture inexistante, le carburant plus cher que l’or, une tente qui n’est qu’un chiffon dans la poussière. C’est l’impôt du désespoir. Et tandis que les pauvres sont écorchés de leurs derniers sous, les seigneurs des factions, les prêtres du pouvoir, les hommes couronnés et flétris qui se proclament chefs, leur ordonnent : « Meurs bravement, afin que nous puissions vivre ignoblement. » Ils préfèrent leurs titres à leurs enfants, leurs factions à leur peuple, leur propre souffle à celui de Gaza. Ainsi Gaza est abandonnée. Mais cet abandon est ancien. Le prophète Sophonie l’a écrit, six cents ans avant Jésus-Christ : « Car Gaza sera abandonnée. » Et voici que cette parole perdure. La prophétie n’est pas historique ; elle est récurrente. De Babylone à la Perse, d’Alexandre à César, des califes aux croisés, Gaza a été écrasée sous le talon de tous les empires. Pourtant, à travers chaque ruine, un fait a défié l’oubli : son nom est resté. Gaza, écrit Azzah en hébreu, parlé Gaza par les Grecs, murmuré Ghazza en arabe, n’a jamais été effacée. La ville qui endure conquête après conquête est désormais confrontée à une nouvelle désolation, plus implacable que l’ancienne, car elle ne cherche pas seulement à conquérir ses rues, mais à anéantir sa mémoire. Gaza ! Toi, ancienne sentinelle de la mer, toi, porte de Canaan, toi, forteresse plus ancienne que Rome ! Depuis trois mille ans, ta lampe brûle, parfois faiblement, sans jamais s’éteindre. Et maintenant, en ce siècle d’acier, d’électricité et de droit, tu es de nouveau condamnée à l’abîme. Tes enfants sont dispersés comme des étincelles avant la tempête. Tes murs s’écroulent comme les dents d’un vieillard arrachées de sa mâchoire. Pourtant, ton cri s’élève toujours, plus durable que la pierre, un cri qui accuse les siècles et condamne les nations. Écoute ceci, ô monde : ce crime n’est pas seulement à Gaza. Abandonner Gaza, c’est renoncer à la justice, trahir la miséricorde, briser l’alliance de l’humanité elle-même. Si Gaza tombe et que le monde se tait, ce n’est pas Gaza qui est condamnée, mais l’humanité. Car dans les ruines de Gaza gisent les ruines de notre conscience, et dans le silence de Gaza résonne le silence du monde. #GazaGenocide


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1 réflexion au sujet de « Dr Ezzideen 25/08/2025 »

  1. Nos appels sont muets, nos aides pécuniaires sont dérisoires, seul le désedspoir est immense, le notre de juifs de France pétris de honte dans cette trahison de leurs soi-disant élites, ce n’est pas Gaza qui est condamné mais l’humanité qui se suicide dans un grand plouf d’indifférence.

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