« Le risque de transmission du virus est bien plus important au supermarché qu’au marché »

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François

Extrait du journal Le Monde

«Le risque de transmission du virus est bien plus important au supermarché qu’au marché »
Pr François Olivennes
Médecin
Bruno Verjus
Chef cuisinier
Dans une tribune au « Monde », le médecin François Olivennes et le chef cuisinier
Bruno Verjus dénoncent un « syndrome Wuhan » dans la décision « inepte » sur
le plan épidémique, même si depuis assouplie, de fermer les marchés
alimentaires.
Tribune. La décision de fermer les marchés alimentaires est une ineptie à plus
d’un titre. Elle revient à fermer les yeux sur la modernité écologique de ce tissu
vivant de l’alimentation rurale et urbaine que constituent ces marchés ouverts et
couverts.
Il y a dans cette décision comme un syndrome de Wuhan ; tout serait parti des
marchés chinois, il s’agirait donc de condamner les marchés français, sans aucune
autre forme de procès.
Sur le plan fonctionnel et médical, de nombreux maires ont organisé le
fonctionnement de leurs marchés de façon remarquable, en respectant
scrupuleusement les règles sanitaires.
Tout d’abord en limitant le nombre de personnes admises dans l’enceinte du
marché. Une seule entrée quand il y a une sortie, des agents municipaux ou des
policiers qui s’assurent que le nombre de personnes total respecte un nombre
faible défini à l’avance. La file d’attente à l’extérieur optimise la distanciation
entre personnes à l’aide d’un marquage au sol. À l’intérieur, il y a un sens de
circulation unique, dans un seul sens. Pas de retour en arrière possible. Les
personnes ne se croisent pas.
Les commerçants s’assurent devant chaque stand que leurs clients suivent les
règles de bon sens pour éviter la transmission : distance entre les clients, ne pas
toucher aux produits, amener son propre sac pour éviter de manipuler des sacs
en plastique ou en papier. Paiements si possible en carte sans contact. Pas
d’échange de billets ou de pièces dès que c’est possible.

Les gens se croisent, discutent
Beaucoup de commerçants portent des gants, qu’ils savent devoir changer après
chaque client. Quand on se rend dans les marchés organisés de la sorte, il semble
que la transmission du virus soit quasi impossible. De plus, les commerçants sont
là pour contrôler l’ensemble. Les clients ne sont pas libres de faire ce qu’ils
veulent et ils peuvent être rappelés à l’ordre s’ils s’écartent des règles barrières.
Comment peut-on prendre la décision de couler tous nos producteurs, éleveurs,
maraîchers, charcutiers, fromagers, bouchers des campagnes ?
Au supermarché, c’est tout l’inverse. En général, pas de limite de nombre de
personnes dans le magasin. Dans les rayons, les gens se croisent, discutent entre
eux, manipulent autant qu’ils le veulent les produits. Ce n’est qu’en faisant la
queue à la caisse que la distance de sécurité est à peu près respectée, et encore.
Sur le plan sanitaire, il semble évident que le risque de transmission du virus est
bien plus important au supermarché qu’au marché, d’autant que l’air conditionné
qui y circule ne bénéficie sans doute pas de mesures de contrôles et de filtrages
efficaces et garanties. Qui a circulé en TGV ou en avion ne s’interroge plus sur
l’efficacité des climatisations pour la propagation des virus grippaux.
Plus grave encore, comment peut-on prendre la décision de couler tous nos
producteurs, éleveurs, maraîchers, charcutiers, fromagers, bouchers des
campagnes ? Attachés pour la plupart à la qualité de leurs produits, constamment
mis à mal par la grande distribution et qui se voient réduits à jeter la majorité de
leur production… n’ayant d’autre alternative que de maigres ventes « à la
ferme ».
Lobbying actif
Se rajoute le problème de nombreuses personnes âgées qui ne vont pas au
supermarché – parce qu’elles n’ont pas de voiture – et qui n’ont plus accès aux
petites épiceries de campagne, presque toutes disparues du fait de ces
hégémoniques centres commerciaux situés à l’extérieur des villes.
Nous demandons aux préfets, qui ont le droit de donner des dérogations, qu’ils
le fassent après s’être assurés que les règles de bonnes pratiques sont mises en
place
Sur le plan épidémique, cette décision est inepte, sur le plan éthique elle est
choquante. Comment en est-on arrivé là ? On peut se demander si ce n’est pas

un lobbying actif de cette grande distribution qui a tué nos marchés. Un scandale
sanitaire et gastronomique. Cette agro-industrie, celle qui tue sans témoins, aidée
en cela de sa martingale gagnante pour assaisonnement : un cocktail sel/sucre
aux effets cardiovasculaire désastreux, sorte de serial killer que jamais l’on ne
démasquera. Ce monde industriel fossoyeur du vivant qui commercialise des
produits morts en boîtes ou en sachets avant de nous y condamner nous-même.

« Le risque de transmission du virus est bien plus important au supermarché
qu’au marché »
Pr François Olivennes
Médecin
Bruno Verjus
Chef cuisinier
Dans une tribune au « Monde », le médecin François Olivennes et le chef cuisinier
Bruno Verjus dénoncent un « syndrome Wuhan » dans la décision « inepte » sur
le plan épidémique, même si depuis assouplie, de fermer les marchés
alimentaires.
Tribune. La décision de fermer les marchés alimentaires est une ineptie à plus
d’un titre. Elle revient à fermer les yeux sur la modernité écologique de ce tissu
vivant de l’alimentation rurale et urbaine que constituent ces marchés ouverts et
couverts.
Il y a dans cette décision comme un syndrome de Wuhan ; tout serait parti des
marchés chinois, il s’agirait donc de condamner les marchés français, sans aucune
autre forme de procès.
Sur le plan fonctionnel et médical, de nombreux maires ont organisé le
fonctionnement de leurs marchés de façon remarquable, en respectant
scrupuleusement les règles sanitaires.
Tout d’abord en limitant le nombre de personnes admises dans l’enceinte du
marché. Une seule entrée quand il y a une sortie, des agents municipaux ou des
policiers qui s’assurent que le nombre de personnes total respecte un nombre
faible défini à l’avance. La file d’attente à l’extérieur optimise la distanciation
entre personnes à l’aide d’un marquage au sol. À l’intérieur, il y a un sens de
circulation unique, dans un seul sens. Pas de retour en arrière possible. Les
personnes ne se croisent pas.
Les commerçants s’assurent devant chaque stand que leurs clients suivent les
règles de bon sens pour éviter la transmission : distance entre les clients, ne pas
toucher aux produits, amener son propre sac pour éviter de manipuler des sacs
en plastique ou en papier. Paiements si possible en carte sans contact. Pas
d’échange de billets ou de pièces dès que c’est possible.

Les gens se croisent, discutent
Beaucoup de commerçants portent des gants, qu’ils savent devoir changer après
chaque client. Quand on se rend dans les marchés organisés de la sorte, il semble
que la transmission du virus soit quasi impossible. De plus, les commerçants sont
là pour contrôler l’ensemble. Les clients ne sont pas libres de faire ce qu’ils
veulent et ils peuvent être rappelés à l’ordre s’ils s’écartent des règles barrières.
Comment peut-on prendre la décision de couler tous nos producteurs, éleveurs,
maraîchers, charcutiers, fromagers, bouchers des campagnes ?
Au supermarché, c’est tout l’inverse. En général, pas de limite de nombre de
personnes dans le magasin. Dans les rayons, les gens se croisent, discutent entre
eux, manipulent autant qu’ils le veulent les produits. Ce n’est qu’en faisant la
queue à la caisse que la distance de sécurité est à peu près respectée, et encore.
Sur le plan sanitaire, il semble évident que le risque de transmission du virus est
bien plus important au supermarché qu’au marché, d’autant que l’air conditionné
qui y circule ne bénéficie sans doute pas de mesures de contrôles et de filtrages
efficaces et garanties. Qui a circulé en TGV ou en avion ne s’interroge plus sur
l’efficacité des climatisations pour la propagation des virus grippaux.
Plus grave encore, comment peut-on prendre la décision de couler tous nos
producteurs, éleveurs, maraîchers, charcutiers, fromagers, bouchers des
campagnes ? Attachés pour la plupart à la qualité de leurs produits, constamment
mis à mal par la grande distribution et qui se voient réduits à jeter la majorité de
leur production… n’ayant d’autre alternative que de maigres ventes « à la
ferme ».
Lobbying actif
Se rajoute le problème de nombreuses personnes âgées qui ne vont pas au
supermarché – parce qu’elles n’ont pas de voiture – et qui n’ont plus accès aux
petites épiceries de campagne, presque toutes disparues du fait de ces
hégémoniques centres commerciaux situés à l’extérieur des villes.
Nous demandons aux préfets, qui ont le droit de donner des dérogations, qu’ils
le fassent après s’être assurés que les règles de bonnes pratiques sont mises en
place
Sur le plan épidémique, cette décision est inepte, sur le plan éthique elle est
choquante. Comment en est-on arrivé là ? On peut se demander si ce n’est pas

un lobbying actif de cette grande distribution qui a tué nos marchés. Un scandale
sanitaire et gastronomique. Cette agro-industrie, celle qui tue sans témoins, aidée
en cela de sa martingale gagnante pour assaisonnement : un cocktail sel/sucre
aux effets cardiovasculaire désastreux, sorte de serial killer que jamais l’on ne
démasquera. Ce monde industriel fossoyeur du vivant qui commercialise des
produits morts en boîtes ou en sachets avant de nous y condamner nous-même.

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