Les Pas de Côté Association. Quelques mots de nos confins

Bonjour à tous,

Ce mercredi est le 1er avril. Peut-être allons-nous apprendre, soulagés, que tout ça n’était qu’une blague, une gigantesque mise en scène, et qu’il n’y a jamais eu de virus !

… Mais c’est peu probable. La réalité est que nous avons été battus à plate couture : alors que les Pas de Côté prônait l’idée de modifier en profondeur nos modes de vie, un petit virus nous a pris de vitesse et, en quelques semaines, a obtenu ce que nous ne rêvions même pas d’obtenir en plusieurs années : voici rivés au quai les monstrueux bateaux de croisière énergivores (Venise respire!), voici clouées au sol les flottilles d’aéroplanes, voici remisées au garage (ou presque) nos automobiles immobiles, voici qu’il devient possible et indispensable d’imaginer de nouveaux futurs, les modèles en cours s’avérant obsolètes.

Peut-être que notre monde humain/inhumain était simplement épuisé. Il en avait assez de courir après la production et la consommation dans une course sans fin et sans faim. Il a crié stop, le monde, et le miracle s’est produit et tout s’est arrêté.

Non, pas plus que vous, je ne me réjouis de voir mourir un nombre encore indéfini d’êtres humains. Ce qui nous arrive est réellement terrifiant et ne prête pas à sourire. Respecter toute mesure pouvant enrayer la progression du virus est indispensable.

Mais être confinés comme nous le sommes, relégués dans nos limites intimes, laisse au moins le temps de réfléchir et de faire le point. Cette épidémie remet tant de choses en question qu’il est encore impossible d’en mesurer les conséquences dans le long terme. S’il bouleverse notre quotidien, ce petit virus nous oblige plus encore à repenser demain.

Nous traversons une situation aussi inédite qu’inattendue et il est toujours difficile de réfléchir à chaud à ce qu’il nous arrive. Méfions-nous des conclusions hâtives et ne nous laissons pas emporter par le flot continu des informations, ou par nos émotions du moment. L’urgence est de cultiver nos jardins : je ne parle pas seulement de nos potagers, mais aussi de nos jardins intérieurs.

A ce propos, il faut que je vous engueule ! (Oui, vous avez bien lu). Six participants seulement pour le stage de permaculture qui a eu lieu mi-mars (juste avant le grand confinement !), c’était décevant. Vous avez sans doute eu des tas d’autres choses à faire ce week-end là. Mais quand même, c’est dommage, vous avez raté quelque chose.

C’est dommage. Car en ces temps de confinement coronaviresque, je songeais justement que la permaculture, appliquée à grande échelle, serait sans doute la meilleure réponse possible aux difficultés qui ne font que commencer, (il y a tout lieu de le craindre)

La permaculture repose sur trois principes éthiques :

  • Prendre soin de la terre
  • Prendre soin de l’homme
  • Partager équitablement

Elle engage autant nos connaissances scientifiques que nos intuitions et notre sens de l’observation. La réduire à quelques astuces de jardinage comme on l’entend souvent est une erreur. Car si elle permet, en effet, de penser l’aménagement et la conduite d’un potager, elle va bien au delà, en englobant par exemple l’habitation, le voisinage, nos relations aux autres etc. C’était tout le sujet de ce stage que d’ouvrir la voie à cette réflexion.

Rien n’est perdu bien sûr et vous pouvez, par les livres, les vidéos ou les échanges avec vos voisins, vous auto-former à cette pratique. Ne tardez pas, la mise en forme d’un tel projet prend quelques années et comme on peut le voir actuellement, il n’est pas certains que nous ayons quelques années devant nous.

Mais si nous n’avons pas des années, en revanche, en ce singulier moment, nous avons de nombreuses journées. Permettez-moi de vous suggérer de prendre quelques instants pour lire ou écouter ces quelques réflexions :

AURÉLIEN BARRAU :Cet astrophysicien s’est illustré depuis quelques temps par son sens aigu de l’analyse. Bien qu’il reconnaisse lui-même que le climat ou la biodiversité ne sont pas ses domaines de compétence, la limpidité de ses raisonnements lui ont valu une belle exposition médiatique, même s’il cherche à se défendre de la starisation dont les médias sont friands. Il donne ici un cours de philosophie des sciences et est amené à analyser le bouleversement auquel nous faisons face. Réjouissant et percutant ! : Covid-19, Chloroquine et crise globale (24mn) https://www.youtube.com/watch?v=5SmNJ0R9ZUg

FRED VARGAS : Fred Vargas écrit des romans policiers. Elle est aussi archéozoologue. En 2008 elle a écrit ce texte, qui n’a rien à voir avec l’épidémie actuelle, mais qui résume bien l’étrange et dramatique insouciance dont nous faisons preuve. Notons que depuis 2008 rien n’a changé, sinon que l’urgence urge de plus en plus : Nous y voilà, Nous y sommes (4mn) https://www.youtube.com/watch?v=w3qbkV-SdxQ

HERVE GARDETTE : Journaliste et chroniqueur sur France Culture, il écrit régulièrement un billet matinal sous le titre ”La transition”. Il y aborde de multiple thèmes en lien avec l’écologie et les changements (voulus ou non ) auxquels nous dev(r)ons faire face. Il reconnaît lui-même que le fait d’écrire cette chronique le rend de plus en plus convaincu de la nécessité d’opérer des changements radicaux dans nos modes de vie. Il aborde ici le thème du virus. Au delà de son intérêt propre, ce billet est intéressant pour les nombreux liens qu’il propose. L’homme, le meilleur ami du virus. (3mn) https://www.franceculture.fr/emissions/confinement-votre/lhomme-le-meilleur-ami-du-virus

DIDIER SICARD : Président du comité consultatif national d’éthique jusqu’en 2008, professeur émérite de médecine à l’Université Paris Descartes. Il propose ici une réflexion extrêmement pertinente sur le virus, ses origines, et les risques d’en voir d’autres apparaitre : https://www.franceculture.fr/sciences/didier-sicard-il-est-urgent-denqueter-sur-lorigine-animale-de-lepidemie-de-covid-19

Je n’ose vous souhaiter un joyeux confinement, mais je vous souhaite à tous de garder le moral et de profiter tout de même de ce printemps.
Basile Rousseaux

 

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